Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique

André Labode Bodin

Notre confrère Jean-Claude Santier présente l'exposition collective organisée par La Rotarienne des arts au prieuré Saint-Nicolas, avec notamment des œuvres d'André Labode Bodin...

André Labode Bodin offre, à travers ses oeuvres, quelque chose de perceptible et néanmoins mystérieux. Notre attention est amenée, un peu comme avec Bernard Teiling, à aller au-delà de la pure création artistique des figures géométriques, représentations ascendantes, dont la symbolique est entièrement contenue dans leur essence et dans leurs formes. Elles prolongent à l'infini le mouvement circulaire du point d'origine. Il semble, face à ses oeuvres - mais il faut s'attarder, observer, regarder, et ne pas visiter l'exposition comme on glisse sur le trottoir roulant d'accès du métro à la Gare Montparnasse -, que cet exemple d'interprétation du sens symbolique donne un aperçu des capacités de cet artiste à représenter la réalité qui échappe souvent aux autres moyens de connaissance. En effet, André Labode Bodin est capable de moduler les formes géométriques, de réinterpréter le symbolisme de manière tout à fait personnelle, d'où son attrait. Il lui donne une dimension visuelle dans laquelle les composants coexistent dans l'espace et dans le temps, au delà de l'image.
André Labode Bodin expose toute l'année en France et dans toute l'Europe, à une époque où nous vivons l'ère du "capitalisme artiste"*, où la Société ou les Sociétés, sur une échelle quasi-planétair, traversent une crise. C'est une erreur de voir cette crise, tantôt comme un phénomène récurrent de l'histoire, tantôt comme, au contraire, un tournant unique de l'Histoire. Bien au contraire, c'est peut être une chance de pouvoir, en étant sélectif, admirer les oeuvres de peintres talentueux, originaux, vers qui l'on reviendra quand les productions seront basées sur la beauté, l'esthétique.
En effet, cette double crise, à un premier niveau de changement rapide voire accéléré, se répète depuis des temps immémoriaux. A un deuxième,disons la métacrise, elle correspond au passage d'un monde ouvert aux dimensions illimitées, presque infinies, dans tous les domaines, à un monde fermé (aux dimensions limitées, finies, surtout dans les dimensions critiques que sont les resssources naturelles, l'environnement, les sources d'énergie...).
Pour conclure, nous vivons dans l'ère du capitalisme où le prix d'une œuvre se décrète par rapport à un marché alimenté par les financiers, et c'est en quoi les tableaux de Teiling, de Teulet, de Di Maccio, de Solombre, et de cet artiste André Labode Bodin, méritent toute notre attention
A noter qu'une part importante est reversée à Anne de Bretagne Génétique au Professeur Stéphane Bézieau et son équipe du CHU de Nantes pour favoriser la recherche dans le domaine des maladies génétiques dites"orphelines".

Jean-Claude Santier

Prieuré Saint-Nicolas à La Chaume en Vendée, exposition collective : Nicole Avezard, Bernard, Nicole et Aude de Choulot, Dechavanne, Jean-Marie Drouet, Gervais, Françoise Hannequin, André Labode-Bodin, Dominique Landucci, Jacques Martin, Bernard Merigault, Jean-Michel Rackelboom, Jean-Noël Riou, Joël Rougie, Manuel Ruballo, Francine Toulemonde, Christian Vassort. Avril-mai 2016.

* Plusieurs auteurs pensent qu’il ne faut plus envisager aujourd’hui la crise en différenciant  la sphère économique et la sphère esthétique mais à travers une esthétisation du capitalisme caractérisée par une logique d’optimisation. Voir à ce sujet le débat autour de l’œuvre de Gilles Lipovetsky, Les Temps hypermodernes, Paris, Grasset, 2004.