Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique

Le Grand Prix de la Critique Littéraire

Le Grand Prix de la Critique Littéraire a été décerné à Pierre Boncenne pour Le parapluie de Simon Leys...

Refondé en 2001, par notre confrère Jean-Luc Favre, aux côtés de Robert André, Jean Orizet et Joël Schmidt, Secrétaire Général, sous l’égide initiale de l’Association Internationale de la Critique Littéraire, après plusieurs années d’interruption, le Grand Prix de la Critique Littéraire décerné désormais, et chaque année, a  souvent été considéré à juste titre comme le Goncourt de l’essai avec des lauréats prestigieux depuis sa fondation, pour ne citer que Jacqueline de Romilly, Marc Petit, Lionel Ray, Jean-Philippe Domecq, Marie Claire Bancquart, Elisabeth Badinter. Il  a été dans un premier temps remis Aux Deux Magots à Paris, un lieu littéraire prestigieux de la Capitale, pour être ensuite confié au PEN club Français. Si les lauréats demeurent encore de bonne qualité littéraire, il faut admettre que cet illustre Prix a perdu de son panache et de sa grandeur mythique au grand regret de Jean-Luc Favre, l’un de ses généreux donateurs de l’époque. Cette année c’est Pierre Boncenne, un auteur de grand talent, reconnaissons le tout de même, qui s’est vu remettre le fameux "bandeau rouge", pour son ouvrage intitulé Le parapluie de Simon Leys, aux éditions Philippe Rey, un éditeur lui aussi courageux. Une incursion sans concession au sein de la Révolution Culturelle Chinoise. "A de nombreuses  reprises dans ses écrits, Simon Leys opérait des rapprochements avec le stalinisme et l’hitlérisme. Qu’il eut mieux valu pour lui ne pas soulever ce genre de thème parait évident et l’aurait peut-être moins voué aux gémonies". En effet il faut mettre à son actif des preuves inébranlables de probité intellectuelle et journalistique dans un contexte miné par les évènements mensongers de cette période historique pour le moins sanglante. Simon Leys au mépris des pressions et des atteintes directes sur sa personne, n’a de  fait jamais baissé la garde, ou pire encore renoncé à ses idées, ce qui lui valu pendant des années le désaveu de ses contemporains, eux-mêmes souvent sous l’emprise politique du terrifiant Mao. 100 millions de morts, est d’ailleurs le triste chiffre de cette honteuse Révolution. Un livre donc à lire absolument.

Jean-Luc Favre

Pierre Boncenne, Le parapluie de Simon Leys, Paris, Editions Philippe Rey, 2015. En savoir plus sur le site des Editions Philippe Rey.

Photos Jean-Luc Favre 2015.