Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique

Raymond Beyeler publie ses derniers textes dans trois revues

Raymond Beyeler dont les sept ouvrages de poésie nous sont connus vient de publier ses derniers textes dans trois revues littéraires. De nombreux voyages inspirent ses poèmes en prose sous le thème des Lieux. Et des études d’Histoire de l’Art à l’Université de Florence l’ont aussi conduit à évoquer des œuvres picturales (Œuvres). Prix de poésie (B. Gonin) de l’Académie française, notre confrère fut longtemps membre du comité de rédaction de Phréatique.
Mais son œuvre figure également en diverses autres publications, dont  Arpa, Nueve Lettere (Italie), Autre Sud, L’Alliance (Brésil), Le Puits de l’ermite, Java, Friches, Souffles, Mot pour mot, Concerto, Le Journal des poètes (Belgique), Verso, Le Pont de l’épée, Ficciones (Antologia poetica contemporanea, Espagne, traduction de Matias Tugores), Supérieur Inconnu, Pragma (Italie, traduction de Marco Longo).
Et, en ce printemps 2017, dans Phoenix, Comme en poésie et Voix d'encre. Cette dernière, revue de partage entre artistes et poètes, offre un espace typographique de qualité, presque des livres d’art. A cet égard, le numéro 56, illustré par les remarquables photos de l’éditeur, Alain Blanc, est une réussite. D’Anne Pion à Anise Koltz (chez Gallimard depuis peu), les textes sont profonds et sensibles. Et c’est le talent de la revue d’assurer leur cohérence à travers les diversités d’écriture.
Pour sa part, Raymond Beyeler présente notamment des poèmes inspirés par Edward  Hopper (Night windows) et Paul Delvaux (Les Belles errantes) sous le titre La Solution des images.
Une maison d’édition adjacente de même élégance graphique publie les meilleurs auteurs, historiques ou contemporains, dont aujourd’hui  Paul Valéry (Quelques pensées de Monsieur Teste) et Oscar Wilde (Sententiae).
Voix d'encre,  BP 83,  26202 Montélimar cedex

Comme en poésie, sincère et généreuse, sait dans son artisanat s’ouvrir aux styles les plus novateurs. Jean-Pierre Lesieur, qui dirige la publication avec persévérance, n’oublie pas ses fidèles amis en critique et littérature dans le numéro de mars. On y découvre un Albarède intime, Werner Lambersy, virtuose des aphorismes, Jean Chatard, expert en  exégèse, et Raymond Beyeler entre deux textes corrosifs, Sevran et Café de Flore. Une graphie de notre auteur figurait sur la couverture du numéro 56.
Comme en poésie, 2149 avenue de la tour du lac, 40150 Hossegor

Phoenix, comme l’entend le titre,  revient de loin. Elle émane en droite ligne des Cahiers du sud, fondée à Marseille en 1925, qui publia  Robert Desnos, Paul Eluard, Henri Michaux ou Marguerite Yourcenar, pour se  perpétuer en Sud et Autre sud.  Accordant toujours sa plus grande part à la poésie, française ou étrangère, sans exclusive dans sa vitalité et sa diversité, cette revue de référence est dirigée par Yves Broussard (directeur littéraire) et André Ughetto (rédacteur en chef),  poète rare, traducteur (Pétrarque), agrégé de Lettres modernes, dont on lira avec profit Demeures traversantes (encre vives), Edifices des nuages (Ubik), Entretiens avec Pétrarque (Théâtre, Editions de l’Amandier).
Le dernier numéro (24, 162 pages) de Phoenix consacre un important dossier au poète grec Titos Patrikios, avec des repères biographiques, des inédits et de précieux témoignages (Serge Pey, Edgar Morin). Après les disparitions de Séféris, Ritsos et Elytis, le dernier grand nom de la Résistance et de la poésie hellène laisse entrevoir ici une œuvre grave, empreinte d’humilité  et parfois d’un humour mélancolique.
On retrouve Raymond Beyeler dans la rubrique Partage des voix avec des poèmes "d’un lyrisme inventif", comme disait Seghers,  dédiés aux Lieux, de  Baltimore à Cracovie :

                              

Embellie sur la Vistule, patience des disparus
et prières inflammables

quand le peuple de Kazimierz rayonne dans
l’eau dormante comme une étoile.

 

Phoenix, 9 rue Sylvabelle, 13006 Marseille